L'hospitalité d'Abraham
(auteur : Alain Combes)
Le conteur -
Un conte très ancien nous révèle qu'Abraham, le père des croyants était un
homme plein de qualités. Une de ses principales qualités était l'hospitalité.
Il partageait tout avec le voyageur ou l'étranger, c'était sa joie...
(Abraham
assis se lève, voit au loin un homme qui passe)
Du plus loin qu'il voyait quelqu'un passer, il se précipitait
vers lui...
(Abraham
salue le voyageur, et insiste pour qu'il vienne chez lui)
Abraham n'avait de cesse qu'il n'ait conduit chez lui
le voyageur. Puis il lui donnait à manger et à boire. Et Abraham aimait Dieu,
aimait tellement Dieu, tellement...
(Abraham
fait mille gentillesses au voyageur, lui donne et redonne à manger)
Abraham -
Quand tu auras goûté ces galettes, tu reprendras du gâteau de figues, puis de
ce délicieux étouffe-païen, c'est un quatre quart aux dattes et à la crème.
Si tu as encore faim j'ai un délicieux chevreau à la broche. Veux-tu une coupe
de lait ?
Voyageur -
C'est trop ! Tu me reçois vraiment comme un prince !
Abraham -
Je fais cela par amour pour toi. Pour toi, et pour mon Dieu...
Voyageur -
Quel Dieu ?
Abraham -
Le Dieu unique, celui qui a fait le ciel et la terre !
Voyageur -
C'est triste un seul Dieu... Moi j'en ai une dizaine.
(Abraham
est mécontent, il cherche comment aborder le sujet, il fait quelques pas)
Abraham -
Veux-tu connaître le Dieu unique ?
Voyageur -
Une autre fois. Pour l'instant je reprendrais bien du gâteau de figues
Abraham -
Il n'y en a plus !
Voyageur -
Mais si... j'en vois encore un gros morceau...
Abraham -
Je te dis qu'il n'y en a plus.
Voyageur -
Pourtant...
(Abraham
fait quelques pas, le voyageur s'étire)
Abraham -
Le Dieu qui a fait les cieux et la terre est le Dieu unique, c'est lui qui...(Le voyageur baille)
Voyageur -
Excuse-moi, c'est la digestion...
Abraham -
ça ne t'intéresse pas ce que je raconte ?
Voyageur -
Pardon, mais tu m'as si bien nourri que je me sens un peu lourd... Si ça ne te
dérange pas, je vais faire un petit somme et après tu me raconteras...
Abraham -
Tu veux dormir ?
Voyageur -
J'ai marché toute la journée...
Abraham -
Si tu ne t'intéresses pas à mon Dieu, tu peux continuer ta route !
Voyageur -
Maintenant ?
Abraham -
Je n'ai que faire des païens invétérés, des idolâtres endurcis, allez,
dehors !
(Abraham
pousse le voyageur dehors)
Le conteur -
Quelques instants plus tard, Dieu, le vrai Dieu, celui qu'aimait tellement
Abraham s'adressa à lui : Abraham ! Abraham !
Abraham - O Seigneur ! Mon
Seigneur ! Quelle joie de t'entendre !
Le conteur -
Abraham, pourquoi as-tu mis dehors ce voyageur ? Tu t'es très mal conduit !
Abraham -
Un impie Seigneur ! C'est un homme qui ne veut pas changer, il veut rester dans
son ignorance, dans son impiété ! Je lui parlais de toi pour son bien !
Le conteur -
Abraham, voilà des années que je nourris cet homme, que je le réchauffe de
mon soleil, que je l'abreuve, que je l'aide à vivre. Voilà des années que
j'attends patiemment qu'il me rencontre... Et toi, tu lui offres l'hospitalité
quelques instants et tu n'as pas la patience d'attendre qu'il se repose ? Tu
n'as aucune pitié et aucun amour pour lui !
Abraham -
C'est vrai, Seigneur, je te demande pardon !
Le conteur -
Ce n'est pas à moi de te pardonner, court après lui et demande lui pardon !
(Abraham
court après le voyageur, le rattrape, l'oblige à revenir)
Abraham -
Mon ami, pour me faire pardonner, reprends du gâteau de figues...
Voyageur -
Mais, il n'y en a plus...
Abraham -
Je m'étais trompé... mange et après tu dormiras tout ton saoul !
(Pendant
qu'il mange, Abraham se lève, regarde le ciel et soupire)
(par cette dernière phrase, le sketch peut s'enchaîner sur le récit de Genèse 18.1-16)